Une journée au Cartoon Forum 2015

Par guilhem

Visite au cœur de l’animé européen

Le 16 septembre 2015, Good Morning Toulouse a eu le plaisir de pouvoir assister aux conférences du Cartoon Forum, le marché de la série d’animation européenne. C’est ici que les studios viennent chercher des financements et des diffuseurs pour leurs créations. Pour cette année, il y a 91 projets présentés. Si la France tient le haut du pavé avec 30 projets à elle seule (le deuxième en nombre d’importance est le Royaume Unis avec 11 projets), il y avait de belles propositions d’autres pays moins attendus comme l’Islande ou la Suède. Contrairement à une idée reçue, l’animation classique dessinée fait jeu égal avec la 3D (51 % des projets sont en 2D). Bien que les enfants restent la cible privilégiée, les jeunes adultes et les adolescents pourraient bien trouver des alternatives à South Park, Family Guy/ Les Griffins (et toutes la production de Seth Macfarlane) ou Les Simpsons dans les 9 projets qui leurs sont destinés. De plus, on a pu remarquer une nette tendance au crossmédia avec la multiplication des supports sur lesquels développer les univers via les applications smartphone/tablette mais aussi les jeux de société et les livres (il est toutefois évident que l’aspect commercial n’est pas exclus de ces extensions. Le but du salon reste avant tout de trouver des financements).

Sur les projets présentés dans la journée, nous avons décidé de mettre en avant 3 séries qui nous ont particulièrement marqué et qui ne font pas parties des poids lourds de l’industrie. Elles correspondent aussi à la tranche d’âge des étudiants.

Lichtenschwein, we don’t give a hog est une série animé 3D proposé par PuppIT, un studio islandais. Le créateur, Erpur Thordlfur Eyvindsson, nous présente son pays comme étant le seul à avoir condamné à de la prison ferme les banquiers responsables de la crise financière. Ses références sont aussi larges qu’affirmées puisqu’il cite Dario Fo, Roberto Begnini, South Park et American Dad. Lichtenschwein raconte les mésaventures de Vesuvius Lobster et de sa famille dealeuse de Kebab. Ils vivent dans un magnifique pays, le Lichtenschwein qui est sous la coupe de la New Money Millionnaires, une sorte de secte qui se présente comme l’équivalant de Sauron et Voldemort du capitalisme. Son père, Benedikt Lobster, trafique dans tous les domaines rentables et aime tuer des dauphins, sa sœur Jennifer ferait passer Paris Hilton pour Mère Théresa et son oncle Olaf est comptable antitout (ne cherchez pas, quoi que vous aimiez, il le déteste et souhaite le détruire).

La série se présente comme un « divertissement sarcastique au contenu éducatif » sur le capitalisme et son fonctionnement. 27 épisodes de 3 minutes sont déjà prêts. Le coût du projet est de 1.5 millions d’euros, soit 50% de moins que la moyenne des projets du forum. Il y a aussi des envies de développer des projets crossmedia dont 2 jeux flash : Hog Poker (une simulation de poker où la banque triche tout le temps) et Dolphin Killing (un jeu de tir au dauphin), mais aussi des livres sur la finance pour les nuls et un Monopoly truqué.

Equipe de lichstenschwein

Dickie est une adaptation de la bande dessinée de Pieter De Poortere Boerke Bijbel . Non linéaire et en 2D, elle nous montre les « exploits » d’un antihéros à grosse moustache qui s’incruste dans des univers bien connus : il peut par exemple profiter du sommeil de la belle au bois dormant pour regarder dans son corsage ou décapiter par maladresse Raiponce lorsqu’il est prince charmant, mais aussi rater son bus lorsqu’il est kamikaze, etc. Maladroit, malhonnête, fainéant et profiteur, Dickie est loin d’être attachant. Mais le format fonctionne : un gag en 1 minute et un épisode est prévu pour être constitué de 10 gags. 104 gags sont en développement. Deux studios belges s’occupent de cette série : De Hofleveranciers et Beast Animation (qui ont participé au développement de Panique au Village).

Conférence de Dickie

Krabstadt est une création suédoise du studio Monkey Machine Film. Si le design général rappelle fortement South Park, le thème est assez différent. Krabstadt est une ville arctique où sont exilés tous les rejetés des pays nordiques. S’y trouvent des personnages aussi haut en couleurs qu’une femme-baleine, un institut du féminisme en proie aux guerres intestines, ou encore un Office du développement dont l’immeuble en forme de sablier doit être retourné toutes les deux heures. L’humour est foncièrement absurde et cru, tout en ayant une pointe de sarcasme sur certains aspects de notre société. La série est créée et portée par deux femmes : Ewa Einhorn et Jeuno JE Kim. Elles prévoient de créer un site internet dans lequel intégrer les idées les plus loufoques des personnages de la série. Par exemple, un jeu permettrait de créer le film pornographique féministe prolongeant le thème d’un épisode en cours de création, durant lequel, suite à l’absence de soleil pendant la nuit polaire, les habitants dépriment et se font prescrire des films pornographiques faits sur mesure selon les goûts et les idées politiques . La série compterait treize épisodes de dix minutes pour un coût d’un million d’euros. Un roman est également envisagé, ainsi qu’un concours d’architecture pour les nouveaux buildings de la ville.

Conférence de Dickie

Si ces projets trouvaient leurs financements, nous pourrions les voir diffusés dans le courant de l’année 2017.

 

 

 

Publié le dimanche 11 octobre dans Chroniques, Littérature

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