Retour sur « Les Airs Solidaires » du 18 mars 2012.

Par Kevin

Pour la 5ème édition des « Airs Solidaires » -dont Radio GMT est partenaire- le festival a posé sa bonne humeur sur le marché Saint-Aubin et a donné rendez-vous ce dimanche 18 mars 2012 avec les passants pour un voyage dans l’Amérique Latine. Rencontres.

Malgré le vent d’Autan glacial ainsi que la fine pluie qui rappelle Ô combien nous sommes en hiver, les habitués du dimanche dans le petit quartier Saint-Aubin qui se distingue avec son identité populaire et son ambiance cosmopolite ont pu rencontrer artistes et artisans d’Amérique Latine. Boucles d’oreilles artisanales, tissus traditionnels et musiques populaires du Mexique, ce « festival étudiants solidaires » comme le précise Sophie des « Airs So’ » a pour thématique cette année « migrants et migration dans le monde », par ailleurs, ce qui explique la popularité des « Airs So’ » c’est la volonté de « donner [l’]accès à la culture à un prix modeste au étudiants » assure-t-elle.

Originaire de Santa Cara del Cobre, Violetta, moins de trente ans aux yeux marrons et piercing au nez, discute avec les passants de ses créations artistiques. Boucles d’oreilles, pendentifs, elle fait « tout à la main » et le temps de travail pour chaque création s’échelonne « entre 5 à 12 heures », « mais parfois je peux revenir dessus » confie-t-elle.

« Un pays complexe mais beau »

Tout près, Françoise la cinquantaine passée accompagne Violetta, cette anthropologue de profession a séjourné durant 30 ans près de la frontière latino-américaine. Elle décrit « un pays complexe mais beau », installée dans la région du Chihuahua, elle devient « sous-directrice dans une école ». « Ce n’est pas un pays d’idées, mais de règles » affirme-t-elle comme en référence aux nombreux règlements de comptes dans les quartiers liés aux narcotrafiquants qu’elle a constaté, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle a quitté récemment le pays estimant « que la violence n’a cessé d’augmenter ». A ces faits, la corruption entache les politiques et également les milieux des puissants syndicats, l’un d’eux présidée par une femme est en étroite collaboration avec le gouvernement et s’apparente presque aux « méthodes de la mafia », en jeu près « d’un million de votes » pour les élections.

« Dans ce pays de contrastes, il n’y a pas de sécurité sociale, il y a un grand chemin à faire » remarque l’anthropologue, tout comme la superficie qui peut accueillir « 5 fois celle de l’Allemagne ».

Exemple que les inégalités sont omniprésentes, de sa profession elle percevait un salaire de 20 000 pesos par mois (soit 1 500 euros), en somme pour Françoise, « c’est un pays de débrouille » et a constaté que « les jeunes partent aux USA pour réaliser leur rêve là où une certaine élite et les plus grosses fortunes partent par exemple au travail en prenant leur hélicoptère ».

Il  est presque midi, un groupe propose de la danse capoeira aux passants. Le vent souffle toujours aussi fort, le corps emmitouflé dans la veste, les sourires circulent comme les notes de musique traditionnelle venues de là-bas, c’est le voyage que proposent « Les Airs Solidaires » jusqu’au 24 mars.

Kevin Figuier.

 

 

 

Publié le Jeudi 22 mars dans Chroniques

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