[Report] Dans l’intimité d’un concert avec Lucas Santtana…

Par Morgane

Changement d’ambiance, changement de décor. Trois ans après son passage à la Halle aux Grains, Jerkov faisait venir ce jeudi 30 avril le maestro électro-acoustique de la musique traditionnelle brésilienne, Lucas Santtana, en concert privé d’appartement.

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« Merde, il est déjà 19h45 ! Non mais c’est un concert privé, faut pas être en retard… ». C’est probablement la première fois dans notre historique de concerts –pourtant bien long– qu’on a prononcé ces mots. Il faut le dire: ce soir c’était notre tout premier concert privé en appartement. Chose plutôt rare sur nos contrées toulousaines. Est-ce qu’on sera vraiment chez quelqu’un ? Il y aura des canapés ? Et si on veut boire un coup ? Ou aller aux toilettes ?

Quinze minutes plus tard – après s’être trompés de numéro deux fois –, nous voilà devant la grande porte dont l’adresse nous avait été divulguée quelques heures auparavant. « C’est au dernier étage ! » nous crie-t-on. On est excités, curieux, pressés d’arriver. On monte le vieil escalier boisé en colimaçon et là… la queue. La queue d’un concert dans un escalier. Cette soirée commence donc avec son lot de surprises dépaysantes…

Lucas Santtana - Copyright: Morgane Roncin

Lucas Santtana – Copyright: Morgane Roncin

Une fois nos petits noms vérifiés, on arrive au bout du périple: il est l’heure d’ouvrir la porte (non sans appréhension). On s’attend à débouler sur un grand salon bondé de gens papotant, rigolant, sirotant leur Heineken volée dans le frigo du voisin. Au lieu de cela, un long couloir, aux allures de grange délabrée, nous fait face. Une vieille armoire à droite, des petits toilettes à gauche, une charmante verrière où sont entassés des brics-à-bracs… et là, une immense terrasse surplombant le chemin de fer du Quartier de la Gare. Des gens parsemés ici et là, un hamac pour enfant, un vieux doudou rose qui nous surveille dans un coin et une immense statue d’un coq blanc immaculé. Mais, où sommes-nous ?

Lucas Santtana - Copyright: Morgane Roncin

Lucas Santtana – Copyright: Morgane Roncin

On en profite pour faire le tour du propriétaire une bière à la main. Un salon peint tout de noir, où se côtoient vieilles affiches de cinéma, tableaux façon Renaissance, et photographies de boxeurs. Au centre: la scène, où le DJ BNX assure l’ambiance tropicalo-brésilienne.

21h, 22h… les trains défilent sur les rails et Lucas Santtana se fait attendre. Un « Ça va commencer ! » s’exclame soudain. Ici, les musiciens ne passent pas par la porte arrière: non, ils arrivent tranquillement par le salon. Et quelle entrée. Chaussés tous les trois de lunettes à la Las Vegas Parano et de leurs plus belles chemises brésiliennes dépareillées, ils prennent place au milieu du mic-mac instrumental que voilà: guitares électriques, ukulélé, MPC, synthé, Mac, sampler, et autres bizarreries à multiples boutons. Un arsenal à l’image des influences urbaines, roots et cosmopolites du musicien.

Lucas Santtana - Copyright: Morgane Roncin

Lucas Santtana – Copyright: Morgane Roncin

Avec sa barbe taillée au millimètre près, son chapeau rayé et ses petites tennis blanches, le producteur de 44 ans affiche une allure toujours aussi branchée. Le groupe ne se fait pas prier pour démarrer le concert en trombe à seulement quelques centimètres de nos bouilles. Entre les sonorités électrisantes issues de son dernier album Sobre Noites e Dias et ses classiques acoustiques comme Cira, Regina e Nana, le public se laisse peu à peu emporter par ces rythmes graciles et suaves.

Lucas Santtana - Copyright: Morgane Roncin

Lucas Santtana – Copyright: Morgane Roncin

« Merci Toulouse ». Les morceaux s’enchaînent et Lucas essaie de placer quelques mots français. « Je suis désolé, je ne parle pas Français ». Pas de souci Lucas, tu sais, on parle aussi en Espagnol ! « Hableis espanol?Formidable! ». La conversation est engagée, la magie de l’intimité se fait: on discute de son passage à la Halle aux Grains il y a deux ans, parce que oui, les fans de la première heure étaient aussi là aujourd’hui.

En véritable maître scénique, le brésilien saute, court, enlève ses lunettes et nous regarde un à un droit dans les yeux. Ses gestes mimiques, son sourire charmeur et son charisme ne seraient pas bien évidemment si éclatants sans ses deux musiciens incroyables aux instruments affûtés.

On finit sur un feu d’artifice final électrique qui ne finit pas: et que ça gratte et que ça saute. Acclamés, les trois compères ont le droit à leurs remerciements personnels au milieu du public. Un endroit dépaysant, une ambiance hors du temps, une relation intime, toutes les conditions propices pour un (second) coup-de-foudre pour ce véritable chef d’orchestre 2.0 de la musique brésilienne…

Lucas Santtana - Copyright: Morgane Roncin

Lucas Santtana – Copyright: Morgane Roncin

Publié le vendredi 08 mai dans Musique

Commentaires

  • Le Chat Perchet
    Le vendredi 08 mai à 20:57

    Magnifiques photos ! Très beau contraste.
    Radiophoniquement.
    Miaow


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