Rebel Escape : Rastaman live

Par Simon

« Nous voulons que les gens qui se déplacent au Phare ne viennent pas seulement pour un concert mais pour une expérience sensorielle, un voyage », m’ont confié Julie et Lisa, directrices artistiques de Bajo el Mar. Pari réussi pour cette première édition de Rebel Escape qui devrait désormais avoir lieu chaque année au mois de novembre pour mettre en avant un genre musical, un pays, sous la forme d’une nuit artistique où graphisme, artisanat, gastronomie sont mis en avant au même titre que le Reggae, et ce n’est pas pour nous déplaire.
Vendredi 18 novembre nous sommes allés au Phare à Tournefeuille, nouveau lieu de résidence de l’agence culturelle Bajo el Mar (pour découvrir l’association c’est ici : http://urlz.fr/4rah). Au programme ? La première soirée du festival Rebel Escape sous le thème de la Jamaïque organisée en partenariat avec Talowa Productions, célèbre entreprise de spectacle et de tournées d’artistes à l’origine des soirées Toulouse Dub Club.

Départ 20h30 sous un froid polaire à Compans-Cafarelli avec les navettes mis en place par Bajo el Mar pour la modique somme de 1€ s’il vous plait ! La couleur est annoncée dès l’entrée, avec la présence d’un stand de vinyles tenu par Crucial Tempo, un magasin online spécialisé dans la vente de vinyle reggae exclusivement neufs qui a 10 années d’existence. Sur la droite, des portraits des légendes du reggae réalisés en pointillés par Laska, le graphiste qui a signé l’affiche de la soirée. Plus loin, notre regard est attiré par des stands vendant affiches, cds et autres souvenirs à l’effigie de Dub Inc, Alborosie, Jah9 ainsi qu’un stand de créations artisanales tenu par Le Triangle d’I-thopia, une association qui cherche à « sensibiliser le public à participer à l’autonomie et au développement de la culture entre l’Ethiopie, les Caraïbes et la France », l’Ethiopie étant très liée au mouvement rastafari. Sur les murs, la déco est aussi présente avec des projections de l’affiche de la soirée, ainsi que du Lion de Juda symbole du mouvement rasta.

On se faufile à travers une foule très hétérogène où se mêlent cheveux gris et longues dreadlocks pour arriver dans la grande salle du Phare déjà bien remplie.

Nous avons malheureusement loupé Satya et son mélange de beatbox et de reggae mais nous sommes arrivés à temps pour Jah9, chanteuse qui a su se faire une place dans un univers encore trop masculinisé. Elle interprète sur scène son nouvel album sorti courant 2016 intitulé 9 (le résultat qu’on trouve lorsqu’on fait le calcul 2+0+1+6=9, ce fameux chiffre fait référence aux divinités rastafari). On note clairement une teinte très dub sur ce set, marqué par le jeu des congas de son percussionniste. Le public est largement réceptif, et certains n’hésitent pas à s’essayer à quelques pas de danse.

A la fin de son set, le soudsystem mené par BlackOut Sound System et Bunny Dread prend le relais. Les 2 collectifs se partagent les inter-plateaux muni de leurs platines vinyle puis clôtureront merveilleusement la soirée. BlackOut Sound System c’est une connexion Toulouse – Montréal qui fonctionne formidablement bien. On ressent clairement les 15 ans d’expérience de ce collectif. Bunny Dread, Dj, opérateur et MC de Toulouse représente fièrement la culture jamaïcaine du Sound System. Idée vraiment astucieuse de la part des organisateurs qui a fait l’unanimité chez le public.

Ken Boothe, du haut de ses 68 ans entame son set avec classe et bonne humeur. Après avoir invité sa femme sur scène, il interprète sa reprise du célèbre « Ain’t no sunshine », suivi de très près par sa reprise géniale du thème du Parrain, intitulé « speak soflty love ». Après le set très dub et très influencé par les genres contemporains de Jah9 on a adoré remonter dans le temps avec ce set très rocksteady.

On sort prendre l’air du côté fumeur où nous découvrons 2 stands pour se restaurer :

  • L’Epicurieux, un food truck proposant de succulent bagels diététiques et de qualité.
  • Un stand de plats végétariens exotiques, que propose également le triangle d’i-thiopia.

On a apprécié ce petit point restauration qui manque souvent lors de ce genre de longues soirées musicales.

Après cet interlude gastronomique on retourne dans la salle et c’est au tour de Horace Andy de jouer, qui est notamment connu pour sa collaboration avec le groupe Massive Attack. Une performance rondement menée par un Horace Andy en forme bien qu’aussi âgé que Ken Boothe, accompagné de musiciens hors pair, notamment par un guitariste qui nous a bluffé mais qui ne semble pas l’accompagner sur ses autres projets.

C’est au tour de Dub Inc d’enflammer la scène du Phare. C’est toujours un plaisir de voir performer ce groupe stéphanois qui mélange la langue française, anglaise et kabyle avec brio. Habitués de la scène, ils jouent habilement avec le public et n’hésitent pas à le faire participer à leur show avec une énergie incomparable.

L’italien Alborosie clôt cette superbe session live avec sa voix rauque et ses immenses dreadlocks. On prend plaisir à chanter les tubes Herbalist, Play Fool ou Kingston Town. Malheureusement la salle se vide après la performance de Dub Inc, ce qui joue un peu sur l’ambiance générale de ce set. Cela n’empêche pas Alborosie, de revenir pour un rappel somptueux où il a vraiment laissé la place à ses musiciens et à ses 2 choristes qui ont fait 2 solos époustouflants.

On rassemble le peu d’énergie qui nous reste pour danser sur les soundsystem de Bunny Dread et BlackOut System en petit comité pendant deux bonnes heures de la soirée sur des pépites que notre Shazam avait beaucoup de mal à trouver à notre plus grand dam.

Une chose est sûre, cette nuit restera gravée longtemps dans nos mémoires, et nous attendons avec impatience l’année prochaine.

Pour en savoir plus sur les différents intervenants cités :

https://www.facebook.com/events/752382404864830/

http://bajoelmar.fr

http://www.talowa.fr/home/

http://www.crucialtempo.com

https://www.facebook.com/bomboklask/

http://www.vpreggae.com

http://triangleithiopia.canalblog.com (présent dans les locaux de radio campus tous les mercredi de 19h à 22H)

http://www.lepicurieux.net

Publié le lundi 28 novembre dans Chroniques

Commentaires

  • Borrego matthieu
    Le mardi 29 novembre à 13:07

    Bonjour,

    Je peux savoir qui vous a envoyé ces photos ?


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