MUSIQUE> Phoenix – Bankrupt!

Par Clément

Ce lundi 22 avril est sorti « Bankrupt! », le dernier album de Phoenix. Leur disque précédent, « Wolfgang Amadeus Phoenix » avait été un succès mondial, leur permettant de décrocher le Grammy Award du Meilleur Album Indépendant en 2010, et de se positionner en tête des charts américains avec le morceau « 1901 ». Le groupe s’était aussi offert le luxe de terminer leur tournée américaine en remplissant le Madison Square Garden. Tranquille.

Quatre ans ont passé, et on retrouve le groupe avec son cinquième album, « Bankrupt! », suite de « Wolfgang Amadeus Phoenix ». Le disque démarre avec le single « Entertainment », morceau pop revigorant aux sonorités asiatiques. Le clip qui l’accompagne est lui aussi très réussi, belle photographie, intéressant, et fortement inspiré des K-drama, séries coréennes très populaires.

Passons à la piste 5 avec le titre éponyme « Bankrupt! », qui joue le rôle d’interlude, comme le magnifique « Love Like a Sunset » de l’album précédent. Ce titre est dans la même veine, un morceau qui nous entraîne sans que l’on sache vraiment où l’on va. Balade intimiste, synthés acidulants, flûtes aériennes, accords de piano glaçants. « Bankrupt! » est le pendant mélancolique de « Love Like a Sunset ».

Après quarante minutes, l’album se termine, et on peut dire qu’il impressionne, par sa production notamment. On retrouve Philippe Zdar, moitié de Cassius et ingénieur du son de talent, qui reprend dans « Bankrupt! » son rôle de co-producteur et de mixeur. Et c’est sûrement en partie à lui que l’on doit cette richesse, ce large spectre sonore, si particulier, présent tout au long de l’album.

Si on ne peut s’empêcher de comparer « Bankrupt! » à « Wolfgang Amadeus Phoenix », ce nouvel album apporte son lot de nouveautés et continue le travail amorcé il y a de cela quatre ans. La structure des morceaux, composés de segments qui s’enchaînent, laissant place les uns aux autres, est toujours là. Les guitares, instrument de prédilection du groupe, sont quant à elles moins présentes qu’à l’accoutumé, et cèdent leur place aux synthétiseurs. Enfin, la richesse sonore, pour moi le vrai point fort de ce « Bankrupt! », est l’une des évolutions les plus notables. Il faut cependant que l’auditeur surpasse l’initiale impression de brouillon, et se laisse emporter par ce fourmillement de sonorités. Une fois que l’on s’y est habitué, on se plaît à décortiquer chaque couche, de chaque morceau, pour découvrir ce qui s’y cache.

La première lecture est déroutante, certains repères acquis à l’écoute des précédents albums ayant disparus, il faut se familiariser avec ce nouveau Phoenix. Il faut aussi reconnaître que les morceaux ne sont pas aussi marquants que dans leur précédent opus. C’est cependant un album avec une vraie cohésion, suite réussie au retentissant « Wolfgang Amadeus Phoenix ».
Un album moderne.

Bonus :
A l’occasion de sa nouvelle tournée, Spotify a  suivi Phoenix pendant vingt-quatre heures, histoire de découvrir un peu plus le groupe, et l’ambiance entourant le nouvel album.

Making-of commenté en deux versions, l’une par le groupe, l’autre par Zdar, de « Wolfgang Amadeus Phoenix », qui permet de découvrir l’ampleur du travail accomplit.

Publié le lundi 22 avril dans Musique

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