Morcheeba est mort, vive Skye & Ross ?

Par Eric

Force est de constater que la programmation du Bikini est particulièrement riche en cet automne 2016. Lundi, c’est le duo Skye & Ross, issu de Morcheeba, et le groupe de blues guadeloupéen Delgres que la salle a eu l’honneur d’accueillir. On était là, et on a adoré.

Delgres ouvrait une soirée pleine de promesses. Et ils ont vraiment assuré ! Leur musique est assez originale, puisqu’elle puise sa source autant dans la culture et l’histoire de la Guadeloupe que dans les bayous de Louisiane. Un mélange inédit, auquel on n’est clairement pas habitué à Toulouse. La formation est composée d’un batteur, d’un guitariste – chanteur et d’un soubassophoniste, qui joue d’un instrument à cuivre massif au son puissant. Les textes sont composés en créole, portés par un chanteur engagé à la bonne humeur communicative, à la voix très plaisante, capable d’évoluer avec aisance sur différentes tonalités. La musique qui les accompagne est résolument tournée vers le blues, le tout formant un ensemble efficace auquel on vous recommande chaudement de prêter une oreille.

Après cette très belle découverte, c’est au tour de Skye, de Ross et de leurs musiciens de rentrer sur scène. En 20 ans, ils ont parcouru le monde entier avec leur groupe Morcheeba, faisant découvrir leur style trip hop, tournant autour de rythmes lents mais entrainants, magnifiés par la voix de Skye, reconnaissable entre mille. D’ailleurs, le public du Bikini est assez hétérogène, composé de fans de la première heure et d’autres qui n’étaient pas encore là pour assister aux premiers succès du groupe. Leur musique est intemporelle : écouter un album de Morcheeba, c’est rentrer dans une bulle sonore dont il est difficile de définir l’année de production, mais dont on apprécie la chaleur et le sentiment profond d’apaisement qu’elle nous procure. Passe-partout mais technique, leur musique rassemble, peu importe l’âge, la nationalité, l’origine sociale, et ça se voit clairement dans la composition de la salle toulousaine.

Dès les premières notes, on est soufflé par la complémentarité existant entre les riffs psychédéliques de Ross et la voix pure et puissante de Skye. On est aussi impressionné par la présence de la chanteuse sur scène, qui s’amuse et qui joue avec la lumière et le public : elle est dans son élément et ça se sent ! L’artiste prend des airs de diva au fil des chansons, et n’a de cesse de solliciter un public d’abord un peu mou qui se laisse emporter par la personnalité de Skye et la qualité du spectacle sonore et visuel proposé. D’ailleurs, le jeu de lumière, parlons-en ! Il sublime véritablement le spectacle proposé, et est parfaitement en accord avec l’impression laissée par les morceaux joués : une franche réussite.

Le groupe enchaine avec une grande aisance les titres phares de leur époque Morcheeba, et les mêle avec les nouveaux morceaux de leur album « SKYE | ROSS ». Ces derniers s’inscrivent dans la droite lignée de ce qu’a produit leur ancienne formation, savant mélange de hip-hop et de psychédélisme sur une musique assez lente. On ne saurait assez insisté sur la qualité de la voix de Skye, douce mais aussi puissante, qui habille avec merveille les rythmes servis par ses musiciens. La complicité entre elle et Ross saute aux yeux, et l’alchimie entre sa voix et sa guitare est telle qu’on ne parvient parfois vraiment plus à distinguer l’origine des sons qui viennent charmer nos oreilles pendant toute la durée du show.

Skye, Ross et leurs musiciens parviennent à créer une bulle autour du bikini le temps de leur concert, qu’on n’a absolument pas envie de quitter. Leur musique entraînante et douce est un véritable plaisir, tant pour les oreilles que pour les yeux. Et lorsque la soirée prend fin, on sort du Bikini conquis par cette complémentarité, et rassuré : Morcheeba est mort (ou plutôt, mis en pause), vive Skye & Ross !

Publié le vendredi 28 octobre dans Chroniques, Musique

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