La Petite Invite Nuit #5

Par Morgane

La nuit noire tombe sur la ville rose et la pluie ne cesse de faire tomber ses cordes. Des conditions météorologiques qui n’ont pas arrêté le public pour cette cinquième et dernière nuit du Wordwide Festival chaude en soulitude.

Les quelques retardataires s’attroupent devant l’entrée avant la fermeture des portes à 20h30. La Halle aux Grains fait son effet : un lieu parfait pour clôturer le festival en beauté. Charme classique et excellente acoustique, voici les maitres mots de cette salle habituellement habitée par des sonorités plus classiques.

Placés au premier étage, confortablement installés dans nos sièges, dans l’attente on discute et on retrouve des visages familiers comme les photographes de La Petite ou des nouveaux comme La Centrifugeuse. Aux premiers abords, la présence de sièges est atypique. Si la majorité du public, plus âgé que lors des autres soirées, semble s’y accommoder, il est difficile d’envisager d’assister à un concert sans lever le petit doigt de pied. Puis on prend le temps de regarder autour de soi, et on s’imprègne de l’ambiance : la grande scène plongée dans le noir est surplombée par le dôme qui promet d’ores et déjà des sensations auditives inhabituelles.

Lucas Santtana arrive enfin sur scène accompagné de ses deux musiciens. Celle-ci s’allume et annonce déjà la couleur : une multitude d’instruments sont présents, de la gratte au piano, du MPC au ukulélé. Avec un mystérieux boitier dans la main, Lucas commence à chanter d’une voix douce en portugais. Si pour ces premières minutes l’ambiance musicale ne tranche pas avec la sérénité du lieu, très vite la chaleur brésilienne envahit nos rangs (littéralement) : ukulélé, percussions, bruitages, compositions expérimentales… Les quelques phrases en portugais traduites maladroitement par son musicien Bruno suffisent à ajouter une petite pointe d’humour et à faire tomber le public sous son charme. Entre des chansons traditionnelles guitare-voix où les sentiments amoureux s’épanchent, la pop latino donne un second souffle et ne pas se lever pour danser sur un rythme endiablé devient une terrible épreuve (d’autant plus quand on voit Lucas courir à travers la scène ou improviser des poses de tai-chi). Un rappel, la fin s’annonce, la queue devant le stand s’allonge, quelques mots échangés en anglais et Lucas s’en va vers de nouveaux horizons. On est amoureux et on repart avec un album dans la poche.

Mission réussie donc pour cette première partie qui a chauffé le public avant l’arrivée de la sublime Alice Russell. Cheveux blonds brillants, boucles d’oreilles scintillantes et un pantalon (à licornes ?) moulant parfaitement ses formes, la diva anglaise nous bluffe dès ses premières notes accompagnée de ses cinq musiciens. Une présence imposante (mise encore plus en valeur par la prestance de la Halle aux Grains) qui a réussi au bout de quelques chansons à faire lever toute la salle. Une voix d’or soul sur du funk instrumental comme on aime, voici l’univers d’Alice Russell à l’énergie débordante. Un petit clin d’œil pour finir aux excellents musiciens dont les personnalités n’ont pas été éclipsées par la belle Alice, en témoigne le choriste qui est rentré littéralement en transe et le pianiste fou. Pour reprendre les quelques mots de notre cher Directeur des programmes présent aussi au concert (qui lui ne s’est pas levé, shame on him), « ce fut court mais intense » !

Publié le lundi 05 novembre dans Chroniques

Commentaires


*
(invisible) *