Kendrick Lamar – Section 80

Par Florian

Revenons sur un des rares albums qui a marqué cette année 2011 de son empreinte: Kendrick Lamar – section 80

Kendrick a grandi à Compton, une petite «bourgade» du sud de Los Angeles, malheureusement plus connue pour ses différentes guerres de gangs à répétition que pour son incroyable vivier de rappeurs. Mais Kendrick réussi tant bien que mal à rester à l’écart de cette violence omniprésente. Il trouve très vite refuge dans la musique, et plus précisément dans le rap. C’est à l’âge de 16 ans qu’il sort sa première mixtape, Youngest Head Nigga In Charge, sous le pseudonyme de K Dot. Une mixtape directement inspirée des sonorités du moment et de toute l’ambiance West Cost encore bien vivante au début des années 2000.

C’est à partir de sa troisème mixtape O(verly) D(edicated), sortie en 2010 qu’il commence réellement à faire parler de lui. On y trouve notamment le très bon Ignorance Is Bliss. Dans la foulée de ce succès, il collabore avec les grands de ce monde, et notamment avec Dr.Dre qui va très vite le prendre sous son aile. Fort de ces belles rencontres, il sort son premier album Section 80, le 2 juillet 2011.

Très loin des clichés du genre, cet album de 16 titres se démarque nettement de la concurrence. Et il propose une alternative inédite à ce qui se fait en ce moment sur la West Cost.

Dès le premier titre, Fuck your Ethnicity, ça commence très fort. Le morceau préfigure le travail apporté tout au long de l’album, tant au niveau de sa musicalité qu’au niveau des lyrics et du flow, ces petites notes de piano nous transportent dans un autre monde. Section 80 apporte aussi sa touche de diversité musicale avec des beats des fois plus « électro » ou « RnB », mais toujours bien travaillés et justes. Le tout soupoudré de quelques featurings très bien choisis et qui apportent un vrai plus à certaines tracks, comme dans No Make Up où il partage la piste avec la belle Colib Munroe.

Au fil de cette exploration sonore, on tombe sur des titres tel que Chater Six ou encore l’une des perles de cet album Ronald Reagan Era. Ce titre a tout pour lui : un flow travaillé et tranchant, une instru d’une grande musicalité et un refrain qui marque. Le petit « woopy woop woopy woop woop » est resté longtemps dans ma tête.

En fait, chaque titre procure une sensation différente, tout en restant dans une ambiance propre et bien marquée qui nous transporte le long d’une balade entre des styles très variés. Comme ce Rigamortus aux cuivres enjoués, où Kendrick nous livre une belle démonstration de sa technique et de son aisance au mic ! Il nous propose un exercice de flow où il rappe de plus en plus vite, avec une telle facilité qu’on aurait presque l’impression qu’il fait ça depuis sa plus tendre enfance.

 

 

Nous arrivons petit à petit au bout de cet album qui se termine sur un magnifique Hiip Power. Kendrick pouvait-il mieux conclure cet album ? Je ne pense pas.

Parlons un peu à présent des différents thèmes et messages que Kendrick tente de faire passer dans Section 80. Il y parle principalement de cette nouvelle génération et de la vision différente qu’ont les jeunes d’aujourd’hui. Il aborde aussi des problèmes qui sont plus d’actualité dans une Amérique nouvellement en proie à la misère sociale. Pour faire court on peut dire qu’en général ses lyrics sont bien travaillées et fines.

On sent donc vraiment le travail qui a été apporté à ce projet. On apprécie le fait que cet opus n’ait pas été fait à la va-vite, chose qui est malheureusmeument de plus en plus rare dans le rap game actuel. Celui-ci a tendance à être majoritairement dominé par des pseudo artistes qui n’ont que pour principal but de faire de l’argent, et délaissent donc trop souvent le côté artistique!

Kendrick Lamar, du haut de ses 24 ans s’impose ainsi comme l’un des piliers actuels du Rap US. Il est difficile de trouver de gros points négatifs à cet album, qui pour sur est le ou l’un des meilleurs albums hip-hop de cette année 2011 ! Un jeune talent qui nous promet bien d’autres surprises et  qui met, par la même occasion, un nouveau coup de projecteur sur ces ruelles ensoleillées de Compton.

Publié le mardi 17 janvier dans Chroniques, Musique

Commentaires

  • Loukoum
    Le mercredi 18 janvier à 18:57

    Nice ! Merci pour la découverte !


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