[INTERVIEW] Quand une « Bataille » s’invite à l’UT1

Par Camille

Quoi ? De la danse contemporaine dans le hall de l’Arsenal ? Ah non, très peu pour moi. Chorégraphié par Pierre Rigal ? Je vais peut-être aller y faire un tour alors. C’est déjà passé ?!? Heureusement que GMT a tout enregistré !

C’était lundi 15 février et c’était à l’Arsenal : une Bataille sans heurts ni blessures, un combat à blanc, un affrontement esthétique. Tout cela chorégraphié par Pierre Rigal et performé par les deux danseurs Pierre Cartonnet et Hassan Razak, sur invitation de l’Espace culturel de l’UT1. Après une impressionnante première performance, Pierre Rigal revenait donc une seconde fois dans ce grand hall, pour cette fois-ci non pas danser mais chorégraphier.

Ils se jettent l’un sur l’autre. C’est ainsi que débute la performance. Dans le public, tous retiennent leur souffle. Le combat est abrupt et sans pitié, des coups de pied et de poing fendent l’air. Puis progressivement, les coups s’éloignent, les acteurs répètent leurs mouvements, à l’infini, mais ne se touchent plus, s’éloignent doucement l’un de l’autre sans cesser de se battre. Les coups deviennent des mouvements comiques de danse. L’atmosphère se détend et le rire s’installe.

C’est comme ceci que l’on pourrait décrire cette œuvre de Pierre Rigal : irrésistiblement drôle. Malgré un sujet de performance assez dur, Pierre Rigal transforme la thématique du combat pour la rendre à la fois esthétique et innocente. Ce que l’on voit, ce sont deux frères qui se chamaillent, certes de manière relativement violente, mais surtout naïve, drôle jusqu’à en être touchante. La violence de sa pièce avait pourtant semblé très réelle au chorégraphe, trop pour être supporté par des enfants. Mais après avoir tenté infructueusement une interdiction de ces derniers parmi le public lors d’une représentation au festival d’Alençon de 2013, il se rend compte que les enfants sont de ceux qui rient le plus et distinguent aisément le vrai du faux. Une œuvre très comique donc, caractéristique du travail de Pierre Rigal dans son ensemble, qui réussit à rendre accessible ce genre artistique très difficile à appréhender qu’est la danse contemporaine.

#bataille. Pourquoi se battent-ils ? Ils ne le savent pas vraiment. Bataille ne se veut pas militant, mais reste une représentation profondément ancrée de sens. Et chacun lui en donne un différent. Nous voulons tous croire que les acteurs se battent pour nous et pour ce qui nous tient à cœur, et bien que cela soit faux, cela nous remplit d’espoir.

Publié le mercredi 02 mars dans Chroniques, Culture

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