Décloisonnements rapologiques avec DJ Vadim et Busdriver.

Par Morgane

20h30. Les portes s’ouvrent en ce jeudi 26 février et la salle du Connexion se fait encore timide. Armés de nos calepins et appareils photos, on prend quartier à côté de l’escalier menant à la mezzanine. Les minutes passent et Busdriver se fraye enfin un chemin vers la scène en nous adressant au passage un petit clin d’œil et un « Hello, Bonjour » enjoué.

La présence d’une petite MPC sur le devant de la scène n’est pas anodine: Busdriver est un maestro qui assure tout de A à Z. Beats, loops et autres bizarreries expérimentales électroniques mises en valeur par un jeu de lumières colorées, le MC américain nous impressionne : le micro dans une main, la MPC dans l’autre, il nous balade –totalement en sueur- d’un univers à un autre à coup d’envolées lyriques et de flow véloce et staccato. Reggae, Abstract Hip Hop, Free Jazz, Classique… des morceaux déconstruits et surprenants -dont des exclus- dénotant de son premier morceau à succès « Imaginary Places ».

Busdriver - Copyright: Samy Chafa

Busdriver – Copyright: Samy Chafa

Des ralentissements, des accélérations, des arrêts. L’imprévisible Busdriver, figure de la scène indé américaine, nous a montré encore une fois sa volonté insatiable de déconstruire les cloisons du Rap US en nous emmenant pour un tour de bus complètement burlesque, et cela malgré une qualité du son de Connexion qui a malheureusement pêché.

On continue dans la lignée des pilotes fous : le Grand Manitou anglo-russe répondant au doux nom de Vadim Peare entre en scène. Crête dressé sur un crâne rasé, des énormes lunettes, des bras tatoués et un t-shirt arborant fièrement « Zulu Nation », il faut l’avouer : DJ Vadim en impose sacrément dès son arrivée. La preuve, avant de lancer le bouzin, Daddy Vad prend le temps de poser fièrement devant notre objectif.

DJ Vadim - Copyright: Samy Chafa

DJ Vadim – Copyright: Samy Chafa

Dès le premier morceau, le DJ Britannique dégaine les classiques : Fugees, Bob Marley… Cet As de la platine touche à TOUT : reggae dub, hip-hop, boom-bap jusqu’aux vibes latines de la cumbia. Ca se ressent ce soir : un public éclectique de tout âge et de tout style. Spécialiste de cette atmosphère « smooth » et « groove », on se sent bien. Même Vad’ a ramené une copine danseuse, vêtue de jaune, qui nous refile le sens de la groovade sur scène. On se sent bien dans nos baskets sur ces bons vieux classiques qu’on n’a pas entendus depuis des années. Sans prise de tête, on se laisse aller, comme la majorité du public qui a investi la totalité de la piste de dance…

« Toulouse, you’re so much better than Paris ». C’est bon Daddy Vad, pas besoin de nous flatter, tu nous as déjà conquis depuis bien longtemps.

Merci Jerkov  Musiques pour ce beau moment scénique !

ET BAM, v’là l’interview de ce bon vieux Vad entre le fromage et le dessert juste avant le concert par Hugo Carayon, avec en prime Paul des copains de Cultiz (ça parle de sa dernière galette « The Dubcatcher », de son amour des samples, de J.Dilla et de J.R.R. Tolkien. Attention, ceci est en english avec moults accents franchouillards)  :

Publié le mardi 03 mars dans Chroniques, Musique

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