CRITIQUE > L’Immigration, de Gérard A. Jaeger

Par Thomas

L’Immigration de Gérard A. Jaeger est une tentative bienvenue de déconstruction d’idées reçues sur l’immigration et les immigrés mais qui ne s’embarrasse pas de la rigueur qu’on pourrait attendre d’un tel ouvrage.

Si l’œuvre est importante d’un point de vue sociétal en apportant une opinion peu médiatisée mais rafraîchissante sur l’immigration, celle-ci est malheureusement mal justifiée. L’auteur n’échappe pas aux tentatives du philosophe de comptoir de peu ou mal citer ses sources, d’emprunter autant à des penseurs inconnus qu’à des grands noms ou des sites d’information en ligne, d’éviter des contradictions en les balayant nonchalamment d’une astuce rhétorique, bref, de faire plus œuvre de sophiste que de philosophe.

Il semble cependant important insister sur la déception qu’est ce livre car la thèse de monsieur Jaeger est tout ce qu’il y a de plus louable et témoigne d’une volonté sincère de combattre les idées reçues. Il est également manifeste que le travail de recherche tende vers l’exhaustivité des points de vue, quoique paresseusement.

Seulement, les bonnes intentions et les bonnes pensées ne font pas nécessairement de bons ouvrages, surtout quand on peut si aisément remettre en question la méticulosité de l’argumentation et la rigueur du travail de recherche. L’introduction de n’importe quel mémoire d’étudiant un tant soit peu sérieux est mieux référencé que l’entièreté du livre de M. Jaeger.

La faute, sans doute, à une rédaction faite à la hâte au cours de l’année 2015 pour traiter à la fois de la question des migrants et de celle du djihadisme à la suite des attentats de Janvier.

On en vient à remercier la fatalité d’avoir bien voulu publier le livre avant le 13 Novembre sans quoi on eut sans doute eu une analyse des évènements aussi fine que l’avant-propos de l’ouvrage, toujours écrit en dernier, celui-ci semble témoigner ici d’une urgence de publication tant il cristallise en son sein tous les reproches épars qu’on pourra faire au reste de l’essai : imprécis, peu ou pas référencé et empli de jugements hâtifs.

Si vous voyez ce livre en librairie, passez votre chemin et utilisez les 16€ que vous économiserez ainsi pour acheter le nouveau Corto Maltese. Y a des priorités dans la vie.

immigration jaeger

Publié le lundi 11 janvier dans Agenda, Blogs partenaires, Littérature

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