Here We Go Magic au Connexion le 4 Novembre !

Par Morgane

Here We Go Magic ! Un nom qui donne l’impression d’être sorti tout droit d’un brainstorming publicitaire raté pour le slogan d’un parc d’attraction. En fait, Here We Go Magic, c’est plutôt la boisson énergisante des siroteurs de rock indépendant. Une musique stimulante, créative, euphorisante et libératrice.

Le groupe, c’est d’abord Luke Temple, le cerveau. La signature du jeune homme : des accents résolument krautrock, des mélodies entêtantes, une petite reverb toujours pousée à fond sur la voix mais des riffs de guitare acérés, et toujours ce petit côté sea, sex & sun de grands espaces qui fait en 3 minutes plus d’effet qu’une cure de vitamine C de 3 semaines.

 

Le groupe a depuis le dernier festival de Glastonbury des fans V.I.P, qui ne sont autres que Thom Yorke et Nigel Godrich. Thom Yorke, on ne le présente plus, et il s’est d’ailleurs fait griller à 3 kilomètres lorsqu’il était dans la foule du concert d’Here We Go Magic à Glastonbury et qu’il a commencé à danser. Nigel Godrich, on le présente de moins en moins : c’est le producteur de génie qui a été aux manettes de Radiohead, mais aussi comme celui qui a aidé à un moment ou un autre des artistes comme Beck, Pavement, ou encore Air et Charlotte Gainsbourg à trouver ou parfaire leur son.

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C’est tout naturellement que Godrich s’est proposé pour mettre de l’ordre dans la musique d’Here We Go Magic. On le savait, sa présence à la production mettrait un terme à la fébrilité brouillonne et aux tourments identitaires du précédent opus, Pigeons. Mais ce qu’on pouvait craindre, c’est que la créativité solaire d’Here We Go Magic soit diluée dans un moule hyper léché et froid de musique intellectualisée (une musique qu’on écouterait comme ça). L’effroi est passager : on écoute A Different Ship le dernier album du groupe sorti le 8 mai dernier sur l’excellent label Secretly Canadian, et on souffle.

 

Dès le premier morceau, Hard To Be Close, on entendrait presque les guitares du transcendantal Collector. Plus loin sur l’album c’est la même joie qu’on éprouve sur le krautrock béat de How Do I Know. On retrouve avec soulagement ce souffle digne des Talking Heads (Make Up Your Mind, I Believe In Action), parfois chevauché par le spectre Radiohead qui plane aussi comme on pouvait s’y attendre sur certains morceaux (les arpèges de guitare qui se superposent sur Hard To Be Close et A Different Ship pour former un jouissif mille feuilles). Un plus sur ce nouvel album :  une recherche mélodique haletante qu’on ne retrouve que chez des pionniers de l’expérimentation pop. On sentirait ici presque le doux fumet du Congratulations d’MGMT au loin (la richesse harmonique de Alone But Moving).

A Different Ship est un album définitivement plus sombre, plus ambivalent et plus complexe. Les titres des morceaux eux-même transpirent l’incertitude. Mais il se bonifie à chaque écoute.

Here We Go Magic sera à Toulouse, au Connexion Live, le Dimanche 4 Novembre 2012 à 19h30. Une date exceptionnelle en France pour un groupe dont on va continuer d’entendre parler. A ne pas manquer donc, surtout pour 8 € en prévente. A noter aussi, la présence d’une première partie solide qui sera assurée par la lilloise Lena Deluxe, découverte du Printemps de Bourges 2001, avec sa voix à la Chan Marshall et son rock planant. D’ailleurs, en passant, on vous le dit juste comme ça, hein, mais on a jeté un œil à la programmation du Connexion Live pour les semaines qui viennent et ça donne vraiment envie d’alléger son cochon-tirelire (Jim Jones Revue, WHY?, Burgalat…).

On se voit là bas !

Publié le mercredi 31 octobre dans Chroniques, Musique

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