Album Review > AM & Psychic

Par Clément

Pour cette première, j’ai décidé de m’intéresser à « AM », le nouvel album des Arctic Monkeys, ainsi qu’à Psychic du groupe Darkside. Mais avant, j’ai envie de vous expliquer, brièvement, pourquoi j’ai décidé de parler d’album plutôt que d’un artiste ou d’une musique en particulier. À mes yeux, l’album est un format qui mérite de perdurer, à l’heure où nous consommons la musique en zappant d’un artiste à l’autre sur Youtube. Un album permet de découvrir toute la palette d’une œuvre et de comprendre le message ou l’émotion que l’artiste essaye de transmettre sur une durée plus longue qu’un simple morceau. Si « Money » de Pink Floyd est un bon morceau, l’écoute de « Dark Side of the Moon » est une expérience en elle-même.

Passons maintenant à « AM », le cinquième album des Arctic Monkeys sorti le 9 septembre dernier.

Les quatre Anglais de Sheffield sévissent depuis bientôt dix ans, sortant un album presque tout les deux ans. Ils avaient tenté quelque chose de plus sombre avec leur troisième album « Humbug » et avaient été fortement critiqué par les fans de la première heure. En 2011, ils avaient sorti « Suck It And See » dans lequel on retrouvait le groupe avec un son plus familier. Qu’en est-il de ce « AM » ?

Sur les douze titres présents dans l’opus, trois étaient déjà connus du public, « Do I Wanna Know ?« , « R U Mine ? » et « Why’d Only Call Me When You’re High ?« . On découvrait avec ces trois morceaux, un groupe avec un son plus garage, américain, plus dur. Cela ne fait que se confirmer avec le reste de l’album, notamment avec « Arabella », mélange entre Black Sabbath et Dr Dre., dans lequel le John Lennon d’Helter Skelter serait venu dire bonjour. « Mad Sounds » rappelle immédiatement Velvet Underground, tandis que « No. 1 Party Anthem » nous transporte dans un bal de promo d’une petite ville du Michigan ou dans un James Bond, époque Roger Moore.

Cet album accueille aussi quelques invités de marque, Josh Homme par exemple, des Queens Of The Stone Age, qui avait produit « Humbug ». Il chante sur deux morceaux, « One for the Road » et « Knee Socks ».

Il faut bien évidemment parler des paroles dans cet album et du talent indéniable du frontman qu’est Alex Turner. Une manière de débiter le texte, proche par moments du flow d’un rappeur, capable d’insérer un phrase à rallonge entre deux mesures. Les paroles maintenant, délicieusement niaises et romantiques mais qui touchent au but « Cause there’s this tune I found that makes me think of you somehow and I play it on repeat« , « I wanna be your vacuum cleaner/Breathing in your dust/I wanna be your Ford Cortina/I won’t ever rust« , ou bien complètement surréalistes, fantasques, et qui semblent pourtant avoir un sens « She’s got a Barbarella silverswim suit/ And when she needs a shelter from reality she takes a dip in my daydream« , « I’m a puppet on a string, Tracy Island/Time travelling Diamond cutter shaped heartache »
Les Arctic Monkeys signent ici, une fois encore un excellent album. A l’image de Humbug, ils nous montrent leur capacité à innover, à s’écarter d’un son propre à leur groupe, et à aller de l’avant, à évoluer.

Si « Espace », « Guitare » et « Gravitas étaient les maîtres mot de Darkside pendant la composition de « Psychic », le moins que l’on puisse dire c’est que cela est réussi. Darkside, formé en 2011, est composé de Nicolas Jaar et de Dave Harrington, guitariste de Nico dans son projet solo.

Quelques semaines après la sortie de « Random Access Memories » de Daft Punk, Darkside s’est illustré en remixant dans son intégralité l’album des Daft. Un tour de force réussi qui a crée l’attente d’un nouvel EP ou d’un album. Il n’aura pas fallut attendre bien longtemps, puisque le 8 octobre est sortie Psychic, premier opus du groupe.
L’album se lance sur Golden Arrow, la piste d’ouverture, qui plafonne à plus de onze minutes, les cinq premières sont uniquement composé de bruits industriels. La première écoute du disque est étrange, assez semblable à ce que l’on ressent en jouant « Space Is Only Noise If You Can See », le premier, excellent album de Jaar, un mélange de circonspection et d’intérêt.

Psychic est un album sans single, Paper Trails étant ce qui s’en approche le plus. Il faut donc écouter l’album d’une seule traite, car c’est dans la durée que se développe l’ambiance, dense, mystérieuse sombre. Psychic ne plaira pas à tout le monde, c’est cependant pour moi un très bon album, mêlant expérimental, chant et ambiant.

Publié le lundi 21 octobre dans Chroniques, Musique

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