Album Review > Aleph & Reflektor

Par Clément

Pour ce numéro deux d’Album Review, on va s’intéresser à deux artistes reconnus qui ont sorti un album ce lundi 28 octobre : Gesaffelstein avec Aleph, premier album très attendu ainsi qu’Arcade Fire qui sort Reflektor, son quatrième album studio. Gros programme pour une seule semaine.

Mike « Gesaffelstein » Lévy commence sa carrière en 2008 en sortant sur le label de The Hacker son premier maxi « Modern Walk ». L’EP « Variations » permet à Gesaffelstein de se faire un nom dans petit monde de la musique électronique, mais c’est avec les EPs Conspiracy Pt 1 et 2., en 2011 qu’il se crée un public fidèle. Il lie à la même époque une amitié avec Brodinski qui montera peu de temps après le label Bromance, sur lequel paraît cet album. Après diverses sorties, remixes et maxis, l’album tant attendu par un nombre grandissant d’amoureux de la techno est arrivé, est-il à la hauteur des attentes ?

En voyant que « Gesa » sortait son premier album, j’ai tout de suite eu peur qu’il ne s’agisse en réalité que d’un best-of de ses titres les plus connus. C2C avait par exemple sorti un album qui comprenait les 6 tracks de leur maxi, mot d’ordre : recyclage et facilité. Aleph évite cet écueil avec seulement deux morceaux déjà sortis, « Pursuit » et « Hate or Glory ».

Si vous connaissez un peu Gesaffelstein vous savez que ses tracks ont tendance à frapper, fort. Un album entier de morceau de ce type auraient sans doute été rapidement épuisant, et Gesa a eu la bonne idée de faire varier son album en intensité. Un excellent exemple est le combo « Wall of Memories », boîte à musique de film d’horreur, suivi de « Duel », aux accents d’acid. On reconnaît de nombreuses influences dans cet album, New wave, Cold wave ou encore electroclash avec des morceaux comme « Aleph », « Nameless » ou « Piece of Future », mélancolique à souhait.

On peut dire qu’Aleph est un album froid et sombre, dystopique et violent. C’est aussi un bon album, réfléchi et équilibré dans sa composition, si ce n’est un peu long et répétitif.

Est-il nécessaire de présenter Arcade Fire, porte-étendard de la musique indé nord-américaine ? Formé en autour du couple Régine Chassagne et Win Butler, ce groupe s’est fait connaître dès son premier album « Funeral ». Leur troisième opus, « The Suburbs », avait été l’un des albums de 2011, et leur avait permis de gagner le Grammy Award pour l’album de l’année Le groupe a-t-il réussi a se renouveler, et à garder le niveau de qualité qui était caractéristique de ses précédents album ?

Leur nouvel album, « Reflektor », est partagé en deux CD, 14 titres, au total pour un temps de lecture avoisinant l‘heure et demi, en comptant la track caché de pre-album. Un disque aussi long est souvent synonyme de manque d’initiative ou de mauvaise direction artistique. La principale difficulté pour les longs albums étant de maintenir l’intérêt de l’auditeur tout au long de l’œuvre.

Vient le premier morceau, « Reflektor », qui dure sept minutes trente à lui seul, ce qui est mauvais signe pour le titre d’ouverture, vont-ils réussir à me perdre dès la première track ? On aurait pu dire « étonnamment non », mais au vu de l’album, cela n’a rien d’étonnant. Le titre éponyme reflète bien l’album, dense, riche mais aussi exigeant, incitant l’auditeur à se plonger dans le morceaux pour en extirper toutes les composantes.

Sans faire la description de tous les morceaux, on peut parler des plus marquants selon moi. « Reflektor » bien sur, morceau pour lequel la présence du producteur James Murphy de feu LCD Soundsystem est la plus notable. Mais aussi « Here Comes the Night » I et II, le premier pour son énergie fabuleuse et ses changements de tempo, le second tout en retenu, ou encore « Porno », ballade électronico-synthétique.

Pour promouvoir leur album, Arcade Fire a fait appel au réalisateur Roman Coppola et à toute une ribambelle d’amis acteurs comme Ben Stiller, Rainn Wilson, ou encore Michael Cera en barman hispanophone, pour mettre en scène un live. Si on ne comprend pas toujours le but du clip, celui ci permet de ce faire une bonne idée de l’ensemble de l’album.

Au final, « Reflektor » est un album riche et exigeant, fourmillant d’idées et où se mêlent sonorités Electro, Rock, et même Reggae, mais qui aurait lui aussi mérité d’être raccourci. Cela aurait pu, par exemple, lui permettre de gagner en clarté. D’un autre côté, n’est-ce pas ce côté dense voire saturé qui donne son charme à l’album, à vous de juger.

Publié le jeudi 31 octobre dans Chroniques, Musique

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